Construit en 1776 pour Marcel Avril, dernier directeur de l'Académie d'équitation d'Angers, le château dédié à Apollon, présente l'image de la "perfection hellénistique" dans l'esprit du petit Trianon.
En 1789, Marcel Avril, élu syndic de l'assemblée municipale, reçoit au château tous les habitants de St Barthélémy pour la rédaction du cahier de doléances. Après les évènements du 14 Juillet le seigneur de Pignerolle se décharge de toute fonction élective. N'ayant pas prêté serment à la nation, il est emprisonné à Angers jusqu'à sa mort. Le château de Pignerolle est alors occupé par des révolutionnaires.
Pierre-Antoine Blancler, un bourgeois, règne au château de 1830 à 1863 en jurant fidélité au roi des Français. Il fait construire les pavillons, les grilles, l'Orangerie et fait entourer sa propriété d'un long mur d'ardoises de plusieurs kilomètres.
Après la mort de M.Blancler, Pignerolle est cédé à des familles nobles notamment au vicomte Joseph Couderc de Saint-Chamant, maire de la commune de 1909 à 1930. Entre cette période la commune joue un rôle d'assistance aux innombrables détresses : aux vieillards, infirmes et incurables. L'Orangerie devient alors un hôpital.
Le 22 Octobre 1939, le château est réquisitionné au profit du président polonais en exil. Angers est alors la capitale officielle de la Pologne. L'ambassadeur de France en Pologne, Léon Noël explique les raisons du choix de l'Anjou : " L'éloignement par rapport aux frontières, les communications faciles avec Paris, la possibilité d'installer le Président de la Pologne dans la propriété de Pignerolle, le caractère paisible de la population et les liens unissant l'Anjou à la Pologne à travers l'histoire de la reine Hedwige ".
Le 8 Juillet 1940, ce sont les Allemands qui occupent Pignerolle. L'amiral Dönitz y installe son centre de communication avec ses sous-marins; 11 bunkers sont édifiés, dont le plus important est relié au château par souterrain. La suprématie de Dönitz a reposé, jusqu'en 1942, sur l'insolente facilitée de ses sous-marins à couler les navires alliés. Pour les savants allemands et pour Dönitz, il était impossible de repérer les U-boots s'ils émettaient moins de quelques secondes... Mais, une équipe française, en 1940, sous la donduite de Deloraine, va en Amérique et met au point un appareil de détection instantanée des sous-marins. Dönitz perd le contrôle des mers, et assiste, impuissant, à la déroute de ses sous-marins...
Le domaine est vendu à l'armée en 1964 par les derniers propriétaires.
Le district d'Angers en prend la possession en 1971. Pendant 10 ans divers ministères se sont intéressés à Pignerolle, les affaires culturelles pour un centre de protection du patrimoine artisitque, l'agriculture pour le transfert des Haras et l'Intérieur pour un centre de protection civile. En définitive, seule la défense nationale conserve ici 20 ha autour des principaux blockhaus.
1992 marque une nouvelle étape dans l'histoire du Domaine de Pignerolle. Le château entièrement restauré acueille aujourd'hui le Château-Musée de la Communication. En effet, Angers Agglomération met à la disposition du collectionneur Guy Biraud un château rénové. Il s'occupe de la mise en valeur muséographique des collections présentées avec l'aide complice de sa famille y engageant toutes ses forces afin de sauver un patrimoine scientifique destiné à éveiller des vocations auprès des jeunes générations. Ainsi Pignerolle revit après avoir été laissé à l'abandon.
Depuis le 1er Juillet 2002, Angers Loire Métropole est le nouveau propriétaire de la collection de Guy Biraud, il en a confié la gestion à Angers Loire Tourisme, office de tourisme de l'agglomération angevine.